Dans cet épisode :
"Tu vas me dire que la police de la création n'existe pas. Personne ne va frapper à ma porte pour venir m'enlever mon permis d'artiste."
Transcription de l'épisode :
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Production :
Présentation, rédaction, enregistrement et site internet : Laurent Mäusli
Crédits musiques :
Générique/intro : "Mornings" de Simon Folwar
Générique de fin : "Casa Vega" de Yeti Music
Musiques libres de droits :
Puissant Chantier ne serait pas tout à fait pareil sans musique. Pour créer l'ambiance que j'ai en tête je plonge et pioche dans le vaste catalogue des sources suivantes :
- Audiio (lien affilié) : https://ref.audiio.com/th53nw5b
- Uppbeat : https://uppbeat.io/
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[00:00:16.160] - Laurent
Ironiquement, l'épisode précédent s'appelait Revenir au jeu. Et après sa publication, j'ai encore disparu durant plusieurs mois. Tu vas croire que je suis tout le temps en crise créative ou personnelle. Honnêtement, ce n'est pas tout à fait ça. Mais je dois admettre que je suis régulièrement dans cette mauvaise phase. Et j'arrive toujours à m'en extirper, même si ça prend plus ou moins long. Après plusieurs années à publier des podcasts, je complète progressivement ma trousse d'urgence. Quand, créativement parlant, je suis au fond du trou, comment puis-je faire pour redémarrer ? Je crois avoir récemment trouvé deux éléments importants. Attention, l'un est assurément simpliste et l'autre n'est probablement pas universel. Je m'appelle Laurent et même si je passe beaucoup de temps à dans l'incertitude, je reste un artiste. Oui, mon premier conseil pour se remettre d'un coup d'arrêt, c'est de rester artiste. Oui, c'est absurde et ridicule, mais patience. Tu vas mieux comprendre. [00:01:56.060] Justement, ce qui peut nous sauver, c'est le ridicule. Quand j'étais au niveau zéro de la création, je n'avais pas la force de faire quoi que ce soit. Même pas une phrase, même pas une photo sur Instagram. Je n'avais ni la force, ni l'envie de commencer.
[00:02:16.620] - Laurent
Dans mon cas, la conception d'un épisode de podcast de 7 à 10 minutes représente entre 6 et 8 heures de travail. Puisqu'on est là, voyons tout ça en détails. Dans un bon jour, l'écriture du script peut être pliée en deux ou trois heures. Souvent, j'étale ce temps sur deux jours pour que je puisse laisser le texte reposer. Ensuite, l'enregistrement est relativement rapide. Si je suis bien en voix, j'arrive à régler ça en 30 minutes. Par contre, si ça coince et que j'ai de la peine à articuler ou à être fluide, ça peut prendre une petite heure. Finalement, il y a le montage, le moment où la magie opère, ou pas. Je passe beaucoup de temps à choisir les morceaux. Souvent, je sais l'ambiance que je recherche. Parfois, ça croche et ça ne passe pas. Encore une fois, s'il n'y a pas d'accro, je peux régler le montage en trois heures. Mais il n'est pas rare que ça me prenne quatre heures, cinq heures, voire plus, si rien ne va comme je veux. Suis-je perfectionniste ? Dans le montage, oui. Dans l'enregistrement, un peu moins.
[00:03:43.900] - Laurent
Mais je reste exigeant avec moi-même. Avec un pareil investissement en temps, tu comprends mieux pourquoi j'ai de la peine à démarrer. Cependant, cette fois, j'étais tellement embourbé dans la crise que j'ai dû faire appel à une ruse surprenante et en apparence contre-productive. J'ai créé un nouveau podcast. Encore un. Le cinquième. En fait, c'est Poussin Bleu, un ancien projet que j'ai ressorti des tiroirs. Le format est brut et ultra-court, avec une idée ou une pensée par épisode. Il n'y a pas de musique et ça dure autour de deux minutes. J'ai créé un court épisode d'introduction et j'ai repris un épisode déjà écrit, dont j'ai enlevé la musique. Le but est bien de simplifier au maximum et de limiter la friction afin que l'effort devienne ridicule. Le ridicule me sauve. Après tout, quoi de plus basique qu'un épisode de deux minutes sans musique ? En moins d'une heure, je peux avoir un nouvel épisode derrière moi. Poussin Bleu, c'est mon labo d'expérimentation où je peux tester de nouveaux concepts que je pourrais ensuite développer dans d'autres podcasts. Comme le dit mon slogan, c'est de l'élevage d'idées en pleine tête. Je n'en ai [00:05:14.020] pas beaucoup parlé autour de moi, car je le vois comme un projet un peu secret.
[00:05:19.200] - Laurent
Je considère que c'est avant tout ma rampe de lancement, quand je n'ai l'énergie pour rien d'autre. Et lorsque je suis à nouveau sur orbite, je profite de l'élan pour enchaîner avec un épisode plus ambitieux. Petite parenthèse, j'ai aussi découvert que durant la phase d'écriture, cela m'aide d'écouter de la musique instrumentale, en particulier du piano. Cette bande son me porte sans me distraire, sans me faire dérailler. Les sons de cet instrument ne sont pas agressifs, mais ils ne m'endorment pas non plus. Comme je l'ai dit, c'est très personnel, mais à tester si tu fais un travail similaire. Je reviens à mon plan ridicule. Le risque le plus important avec ce plan est précisément de ne pas enchaîner assez vite. Là, j'avais à cœur d'écrire un nouvel épisode pour spectacle du réel. J'avais réussi à produire un premier épisode qui validait le concept de base. Malgré tout, je n'étais pas totalement rassuré. Est-ce que j'arriverais à écrire un deuxième épisode dans la même veine, mais qui apporterait aussi du sang neuf ? Sans renier le point de départ, l'idée n'est pas exactement [00:06:49.460] de trouver des situations apaisantes, mais plutôt de trouver le calme au cœur du quotidien. Et ce petit ajustement me me permet d'envisager de multiples scénarios et d'avoir une source d'intrigue quasi inépuisable.
[00:07:11.840] - Laurent
Durant plusieurs mois, j'avais noté un nombre relativement important de micro-événements du quotidien. J'ai pu écrire le script de l'épisode en quelques heures. J'aurais pu ajouter plus de contexte, plus de détails. Mais je voulais aussi te laisser de la place pour que tu puisses te faire un cinéma dans ta tête. Ainsi, pour la première fois depuis longtemps, la phase d'écriture a été fluide et rapide. Maintenant, entre deux épisodes, je dois faire face à un second piège: l'attente. Je publie l'épisode sur les plateformes d'écoute et sur YouTube. Je fais un ou deux postes sur Instagram. J'écris une newsletter et j'attends. J'observe les statistiques, le nombre de vues, la quantité de téléchargements. Il y a toujours cette quête de validation pour vérifier que j'ai fait du bon boulot et que les gens aiment. Mais est-ce vraiment important ? Est-ce que cela va profondément changer ma manière de travailler ? Non. Et pour être sainement égoïste, je le fais en grande partie pour moi, parce que ça me fait du bien d'être absorbé dans et par la création. [00:08:42.960] Une fois, une amie m'a écrit: Ce podcast, c'est une bonne thérapie. Sur le moment, le mot thérapie m'a chiffonné, comme si elle insinuait que j'avais un problème.
[00:08:59.100] - Laurent
Après tout, Je suis humain. J'ai effectivement plein de problèmes et j'en résous une bonne partie en restant un artiste. Tu vas me dire que la police de la création n'existe pas. Personne ne va frapper à ma porte pour venir m'enlever mon permis d'artiste. Être artiste représente un état d'esprit. Cela implique de percevoir le monde d'une manière différente. Pourtant, si je ne crée rien pendant une longue période, je ne me sens plus artiste. Je n'ai pas en permanence le sentiment d'être artiste. Dans l'ensemble, le quotidien n'a rien d'artistique. Cuire un œuf au plat n'est pas de l'art. Repasser mes chemises ne constitue pas une création. Me brosser les dents n'a rien d'une performance. C'est la routine dans toute sa banalité. Comme l'ennui, elle est essentielle à la création. Pour autant qu'on n'oublie pas de rester artiste. [00:10:30.000] C'était Puissant chantier, une émission écrite et réalisée par Puissant Bazar. Donc, pour l'instant, c'est que moi, Laurent. Je te donne rendez-vous dans plus ou moins un mois pour la suite de mes aventures dans le monde merveilleux de la création. Si tu penses que ce podcast pourrait aider une autre personne, partage avec elle cet épisode. Merci d'être là et d'être toi.
[00:10:56.580] - Laurent
Prends soin de toi et à tout bientôt.

