« Je voudrais détailler mes valeurs. Inconsciemment, c’est sur elles que je bâtis Puissant Bazar. Elles sont mes balises, mes points de repères sur lesquelles je m’appuie pour garder le cap. »

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L'autre soir, j'ai pris un moment pour écouter les épisodes précédents. Pour me remettre dans le bain et reprendre le fil de mon histoire. J'ai pu observer ma propre évolution et je suis très satisfait de mon parcours. Mais j'ai peur d'être fier. Mon parcours me rassure et en même temps ça me met la pression. J'ai déjà réussi à sortir de très bons épisodes, mais est-ce que je vais réussir à faire aussi bien, voire mieux ?

Publier un épisode par mois comporte un danger : celui d'avoir trop de temps pour réfléchir. C'est laisser une ouverture par laquelle le doute peut s'infiltrer. Alors, je vais vite colmater cette brèche avec de la matière. Mieux, je vais solidifier l'édifice en renforçant les fondations. Je vais mettre mon casque, sortir ma boîte à outils et retourner dans Puissant Chantier.

Je m'appelle Laurent et je plonge dans mes archives presque en temps réel, suffisamment tôt pour que je ne puisse pas vraiment parler d'archives car c'est encore frais. Voici mon journal de bord.

7 mois peut-être 8 mois après la parution de mon premier épisode de podcast, je possède le recul nécessaire pour dégager des tendances, des manières de fonctionner. Pour faire simple, je voudrais détailler mes valeurs. Inconsciemment, c'est sur elles que je bâtis Puissant Bazar. Elles sont mes balises, mes points de repères sur lesquelles je m'appuie pour garder le cap.

J'admire les personnes qui savent dire "Je ne sais pas" car c'est une preuve d'humilité et de vulnérabilité. J'admets que je n'ai pas réponse à tout et c'est fascinant car cela ouvre la porte à de nouvelles perspectives. L'une de mes valeurs est l'exploration. En tant que créateur, je possède à la fois l'état d'esprit d'un aventurier et celui d'un scientifique. Même si ma blouse blanche de laboratoire risque vite de se salir. Je crois fermement qu'il faut oser se perdre dans sa forêt d'idées pour ouvrir de nouvelles voies et ramener des ébauches, des croquis ou des concepts.

De retour au labo, à l'atelier ou au studio, il sera ensuite temps de tester, de mettre à l'épreuve ses hypothèse. Parfois, je dois reconnaître que je me suis trompé, que c'était une mauvaise idée ou que ce n'est pas approprié pour ce projet en particulier.

Et je suis en faveur d'une gestion durable des idées. Les idées sont recyclables. Elles sont malléables et réutilisables. On peut les adapter, les combiner à d'autres idées. Même quelques années plus tard. Seul toi peux décider si une idée a une date d'expiration ou pas.

Il y a plusieurs années en arrière, je voulais lancer un blog pour parler de culture et de création. Le concept était flou et le nom que j'avais choisi c'était... Puissant Bazar. J'avais même trouvé un slogan : "Elevage d'idées en pleine tête". Le blog n'a jamais vu le jour, mais j'ai gardé mon Puissant Bazar. Quant au slogan, j'ai envie de le garder pour l'intro d'un futur micro-podcast. Ce serait un format scandaleusement court de 2 à 3 minutes. Non, je ne sais pas encore quand ça sortira. Quand ça s'imposera, quand ça deviendra évident. Je suis patient et endurant.

Lorsqu'on créé quelque chose, il n'y a pas de raccourcis. On ne peut pas prendre de voie express. Il n'y a pas de vrai astuce pour aller plus vite. Ca reste du travail et de la sueur. Cela implique de chaque fois recommencer un brouillon, de biffer, de gommer pour pouvoir écrire à nouveau. Et faire un peu mieux. Puis avancer d'un pas ou deux. Pour ensuite buter sur un obstacle. Non, on n'emprunte pas de raccourcis. On prend des chemins de traverse. Parce qu'il est essentiel de se perdre et de douter.

Dans l'idéal romantique, on croit que la compagne de l'artiste est la muse. En réalité, ta compagne, ma compagne de toujours est l'incertitude. Elle est là pour qu'on garde nos sens aiguisés, pour qu'on ne se laisse bercer par la facilité et l'évidence.

Tu doutes parce que tu veux t'améliorer. Tu doutes parce que chaque détail compte. Tu doutes parce que tu ne peux pas t'épanouir dans la norme. Tu vas faire l'effort supplémentaire pour aller toucher à l'exceptionnel. Comment sais-tu où le trouver ? Grâce à ton intuition.

Je ne suis pas tout le temps mon intuition. Pas dans tous les domaines. L'intuition, c'est l'expérience, c'est ressentir des choses que j'ai déjà vécues. Instantanément, je plonge dans mes archives mentales et je reconnais des similitudes, des motifs, une impression de déjà vu et je sais que ça peut marcher. Par exemple, si je fais un reportage photo, j'analyse simultanément une multitude de paramètres : l'angle de vue, la vitesse de déplacement du sujet, l'intensité et la qualité de la lumière, le cadre et ce qu'il y a autour. Je me déplace à reculons, je fais un pas de côté, je me mets à genoux pour éviter que l'arrière-plan devienne une distraction. Bref, dans ce genre de situation, je fais confiance à mon intuition car je navigue dans des eaux familières. Si ce n'est pas mon territoire, je ne fais pas confiance à mon intuition. Je prends la posture du débutant : je me lance dans des essais pour voir et vivre ce qui marche et ce que je dois abandonner.

Aussi, je prône la curiosité. Une curiosité sélective. Pour progresser, il faut acquérir cette capacité à persévérer dans une voie, creuser un sujet sans s'éparpiller. Je voudrais essayer plein de choses dans plein de domaines, mais je dois me dire non pour pouvoir me focaliser sur ce qui compte, ce qui me fait vibrer, ce qui me fait grandir.

Je n'ai plus le luxe de tomber dans des gouffres. Les jeux vidéos sont un gouffre. Netflix est un gouffre. Les réseaux sociaux peuvent être un gouffre. Oui, je crois aussi que le pouvoir réside dans les nuances. J'aime les belles citations, les phrases définitives qui claquent et qui résonnent en moi. Mais j'ai appris que le monde est fait d'exceptions et de variations. Que tout n'est jamais noir ou blanc. Bien ou mal. Beau ou laid. Je t'invite à plonger dans les nuances et à te poser des questions. A explorer toute la palette des sentiments. Comme dans ce podcast. Car créer, c'est passer par tous les états d'âme. C'est être vivant.

C'était Puissant Chantier... non attends, j'ai oublié une valeur. Littéralement. J'ai oublié le jeu. Je dois réapprendre à jouer, à redevenir un enfant. Et m'amuser. Comme jamais. Comme si j'étais seul. Comme si personne ne regardait. Beau projet...

C'était Puissant Chantier, une émission écrite et réalisée par Puissant Bazar, donc pour l'instant c'est que moi, Laurent. Je te donne rendez-vous dans plus ou moins un mois pour la suite de mes aventures dans le monde merveilleux de la création.

Si tu penses que ce podcast pourrait aider une autre personne, partage avec elle cet épisode.

Merci d'être là et d'être toi. Prends soin de toi et à tout bientôt.