La procrastination, tout le monde connaît, mais on ne sait pas trop comment la combattre. Avant de donner des astuces, je préfère l’explorer et essayer de la comprendre.

Transcript

Hello, c'est Laurent et depuis plusieurs jours, je me suis auto-proclamé roi de la procrastination. Je mérite ce titre car je suis en retard avec mes deux dernières newsletters que je n'ai toujours pas envoyé. Ce matin, je me suis plus ou moins décidé sur le thème de l'épisode que je devrai publier demain. Maintenant à 23h44, je commence à écrire le script de cet épisode et ma tête est ailleurs. Autant dire que c'est très mal parti... Dans ce genre de situation, je compte sur l'autodérision pour me tirer d'affaire. Je vais donc arrêter de procrastiner dans l'écriture, l'enregistrement de cet épisode sur la procrastination. Non, mais qui a inventer ce mot ? C'est un cauchemar à prononcer !

Bienvenue dans Puissante Panoplie, l'émission qui explore les instruments pour naviguer sereinement dans les océans numériques.

La procrastination est à la mode car il n'a jamais été aussi difficile de s'ennuyer et de se concentrer sur une seule tâche. Le problème n'est pas nouveau, mais il s'est amplifié. D'ailleurs, il y a 10 ou 15 ans, je ne sais même pas si je connaissais déjà ce mot...

Pour vaincre ce mal, il faut d'abord l'explorer, le comprendre et l'accepter.

Je vais être mon propre cobaye et me plonger dans ma situation actuelle en espérant que mon expérience personnelle puisse aussi t'aider. Pour creuser le sujet, j'ai décidé de poser à moi-même une série de questions essentielles.

Avant tout pour qu'il y ait procrastination, il faut qu'il y ait un but, une tâche à terminer. Dans mon cas, c'est donc la publication de cet épisode de podcast. Et si je ne bosse là-dessus que suis-je en train de faire ? Comment suis-je en train de perdre mon temps ? Eh bien, je cherche actuellement à améliorer mon matériel audio. Je lis beaucoup d'articles et je regarde beaucoup de vidéos.

Pourquoi ? Parce que depuis que je suis dans mon nouvel appartement, j'ai l'impression qualité sonore de mes podcasts est moins bonne. On entend plus de bruits de fond. Est-ce que c'est gênant ? En tout cas, ça me gêne. Est-ce que quelqu'un d'autre m'a dit que ça dérange ? Non. Donc ce n'est pas très important. Pas prioritaire et encore moins vital.

Alors pourquoi, je me focalise sur le matériel ? Parce que c'est apparemment un moyen concret de me rassurer. J'avance, mais je dois creuser plus loin. Si je dois me rassurer, c'est que j'ai peur de quelque chose. De quoi ai-je peur ? Je crois que j'ai peur de ne pas progresser, de ne pas être assez pro. J'ai peur que tu ailles ailleurs, que tu arrêtes de m'écouter. Ou j'ai peur de perdre le contrôle. C'est à dire ? Je refuse l'aléatoire. Je veux écarter la part de hasard, l'imprévu.

Et à part faire des recherches sur le matériel, comment se traduit cette procrastination ? La conséquence directe est que je me couche tard et que je manque de sommeil. J'ai de la peine à m'endormir parce que je m'en veux de ne pas avancer avec mon podcast et accessoirement, je me demande toujours quel est le meilleur préampli micro pour ma situation. Et si c'est la meilleure utilisation de mon temps et de mon argent.

Et le lendemain, je suis fatigué. Et je mange trop pour compenser le manque de sommeil. Je mange mal pour me réconforter.

Et tu vois que c'est une spirale infernale.

Que puis-je faire pour inverser la tendance ? Je prends du recul et j'adopte une position extérieure. Si mon meilleur ami vivait cette mauvaise période, qu'est-ce que je lui dirais ? J'aurais tendance à le rassurer, à lui expliquer que ça va passer. Qu'il faut faire preuve de patience et de bienveillance. Que ça ne sert à rien d'être trop dur avec soi-même. Que ce n'est qu'un podcast.

C'est mon travail, cela me représente, mais ce n'est pas moi. Si je sors un épisode moyen. Ce n'est pas un échec personnel. C'est juste un épisode qui n'est pas aussi bon qu'un autre. Cela fait partie de mon apprentissage. C'est logique : je suis apprenti avant d'être patron de Puissant Bazar. Même si je suis le seul dans cette aventure.

Mine de rien, là maintenant, c e soir, j'ai déjà débloqué la situation en me remettant au travail. Sans pression. En mettant les choses en perspective. J'avance tant que je peux. Tout en surveillant l'heure, car je dois regagner mes heures de sommeil. Demain matin, je vais me lever à l'heure normale. En prenant le temps de méditer, de manger sainement et de sortir mon chien. En fait, c'est en cumulant les petites actions contraires que je freine et j'inverse cette spirale négative.

Tout ne se remettra pas en place du jour au lendemain, mais une action apparemment insignifiante peut suffire à gripper les mécanismes de la procrastination. Cela passe par une prise de conscience et une observation de toi-même. Pourquoi évites-tu cette tâche ? Quels sentiments entrent en jeu ? Comment te sens-tu ? De quoi as-tu besoin ?

En cumulant les questions puis les réponses, tu t'offres des ouvertures, des possibilités. Souvent, cela commence par un pourquoi pas ou et si...

Bon, il est presque 1 heure du matin. Je vais méditer et me coucher. Demain matin, je serai à nouveau fatigué, mais j'aurai passé une première étape. Demain soir j'enregistre cet épisode... avec le matériel que j'ai à disposition. Ca fera l'affaire, pour l'instant...

Merci de m'avoir écouté ! Cet épisode a été écrit et réalisé par Puissant Bazar, donc moi, Laurent. Si tu as des questions ou des remarques, envoie-moi un mail à laurent@puissantbazar.ch

Je reviens jeudi dans deux semaines. D'ici là, prends soin de toi et à tout bientôt.